Ga verder naar de inhoud

Le comité des études de notre Conservatoire impérial de musique vient d'approuver en ces termes les livres d'études de Joseph Grégoir, professeur de piano au Conservatoire de Bruxelles, études primitivement publiées en Allemagne:
"Le comité des études musicales du Conservatoire, après avoir pris connaissance des six livres d'études intitulées: École moderne de piano, par M. Joseph Grégoir, approuve ces études, qui ont le rare mérite de résoudre, sous une forme artistique et intéressante, les plus grandes difficultés de mécanisme. Signé: Auber, Ambroise Thomas, Henri Reber, François Bazin, Victor Massé, F. Benoist, Emile Perrin, George Hainl, J.-B. Wekerlin, Auverné, A. De Beauplan, Commissaire impérial; A. Debeauchesnes, Secrétaire."

Ces remarquables études, exécutées à Paris, dans les séances d'artistes du Ménestrel, par MM. Louis Diémer, Albert Lavignac et Théodore Lack, sont de vraies études de concert, sans cependant rien perdre de leur valeur scolastique, de leur but spécial. Voici comment les analyse M. Edouard Fétis, de sa plume autorisée, dans l’Indépendance Belge.

"Ce sera rendre service à la nombreuse classe des pianistes, artistes et amateurs, que de leur signaler un nouveau moyen de se perfectionner dans la théorie et dans la pratique du mécanisme. M. Joseph Grégoir a publié sous ce titre: École moderne du piano, 24 études de style et de mécanisme, un ouvrage qui est le fruit d'observations recueillies dans une carrière de professeur déjà longue. Il existe beaucoup d'études à l'usage des pianistes, mais cela ne dispense pas d'en faire encore. Le goût change, l'art suit le courant des transformations où toutes les choses humaines sont entraînées et prend de temps à autre des formes nouvelles.

En ce qui concerne le piano, les études de style d'il y a cinquante ans ne suffiraient pas pour former aujourd'hui des virtuoses complets. Le titre d'École moderne du piano, donné par M. Grégoir à son ouvrage, indique ce qu'il s'est proposé de faire : introduire dans la méthode les nouveautés de la virtuosité. Le moderne n'a qu'un temps, il faut le recommencer plusieurs fois par siècle. Les études de M. Grégoir sont combinées de manière à présenter dans leur succession les particularités caractéristiques du style et du mécanisme de la musique de piano de l'époque actuelle. Pour qu'une étude réponde à ce qu'on en attend relativement à l'instruction de l'élève, il importe qu'elle ait de l'attrait pour celui-ci et qu'elle lui fasse aborder, sans qu'il s'en doute, les problèmes du mécanisme.

Si la difficulté se présente sèchement comme difficulté, l'élève travaillera sans goût ; il sera rebuté. Si l'intérêt, excité par l'idée musicale formant le thème du morceau, est assez vif pour faire oublier la partie mécanique des traits, l'apprenti-virtuose fera sans peine tout ce qu'il faudra pour se délier les doigts. Le grand secret, pour réussir dans l'enseignement, c'est de savoir jeter des fleurs sur les ronces qui tapissent les sentiers de la science et de l'art. Ce secret n'en est pas un pour M. Grégoir, car ses études sont attrayantes en même temps que sérieusement conçues au point de vue du mécanisme. Aussi ne nous étonnons-nous pas que l'École moderne du piano ait obtenu ses entrées dans les classes des Conservatoires de Bruxelles et de Paris."
(L'Indépenance Belge.) Édouard Fétis.

[nvdr: op de titelpagina van de originele uitgave van Grégoirs werk staat École moderne du piano; in bovenstaande tekst wordt deze titel dus niet correct vernoemd.]

Fétis, E.: L’École moderne de piano - Joseph Grégoir, in: Le Ménestrel, jrg. 36, nr. 11, 14 februari 1869, p. 84-85, via http://gallica.bnf.fr/ (online op 16 januari 2012).