Ga verder naar de inhoud

Review: Paolo Lita

28 augustus 2025

Diapason

Paolo Litta

1871-1931

Le lac d’amour. La Déesse nue (a). La mort comme ménétrier (b). Ciaconna Ballata pour violon seul.

Guido De Neve (violon), Jan Michiels (piano), Julie Van Buggenhout (triangle) (a), Carlo Willems (cymbales) (b).

Etcetera (2 CD). 2015-2016. TT: 1 h 46’.

Technique : 4/5

Né à Stockholm d’un père italien et d’une mère suédoise, Paolo Litta étudia dans différentes villes d’Europa (Genève, Bruxelles) puis entama une double carrière de pianiste virtuose et de compositeur. Après son mariage avec la cantatrice italienne Ida Isore, en 1900, il devint l’accompagnateur de celle-ci et s’installa à Florance. Là, il fonda en 1909 les concerts de la Libera Estetica afin de promouvoir la « musique moderne »

Cette même année 1909 voit également la composition du Lac d’amour, vaste sonate dédiée à sa femme. Le symbolisme de ses quatre mouvement (Le Lac, Le Cygne, Cloches d’antan, La Source qui pleur) trouve son origine littéraire dans le roman Rodenbach Bruges-la-Morte – d’où dérive aussi l’opéra de Korngold Die tote Stadt (1920). Les relations des thèmes à travers les mouvements, les effets descriptifs dans Les Cloches rendent la partition digne de figurer parmi les opus magistraux qu’inspira la sonate de Franck. Guido De Neve et an Michiels plongent avec délice dans ce lyrisme hyperexpressif mais finalement envoûtant.

Avec La Déesse nue (1911), « poème ésotérique » pour violon, piano et une danseuse, Litta se rapproche encore du chromatisme exacerbé d’un Scriabine. L’œuvre évoque Psychè, l’âme qui s’envole vers le ciel quand elle se sépare de son enveloppe charnelle. L’interprétation pousse le souci du détail jusqu’à inclure les (discrètes) interventions du triangle dont la danseuse doit accompagner ses évolutions.

Dernier volet du triptyque, La Mort come ménétrier (1924) avec cymbales est une « rhapsodie virtuose » dans le goût des vanités que prisaient les peintres anciens. Le violon sarcastique racle, grince parfois aux frontières de la tonalité. De la même année date la Ciaconna ballata pour violon seul, partition plus sérieuse mais moins inspirée.

Réalisés il y a quelques années à Anvers, ces enregistrements osent dans les deux dernières pages du triptyque une surexpressivité conforme à l’esthétique symboliste de Litta.

Ces œuvres techniquement très exigeantes se situent tellement au-delà de la recherche du beau son qu’on salue à tout le moins la performance du violoniste, en particulier dans La Mort comme ménétrier. Le triptyque avait déjà été gravé, mais de façon moins extrême et sans triangle ni cymbales, par Ilona Then-Bergh et Michael Schäfer (Genuin) ; pour suivre Litta jusqu’au bout de ses idées très fin-de-siècle, le nouvel album s’impose comme une fascinant curiosité.

Jean-Claude Hulot

Bron : Diapasaon, p. 86

Meer nieuws

Concert presentatie cd 'Adieu'

3/10/2025

Naruhiko Kawaguchi presenteert zijn tweede cd met een concert.